Grand parasitage

metropoleLa métropolisation n’est pas autre chose que la réorganisation du territoire urbain pliée aux contraintes du Capital ; avec le très clair objectif d’extraire un maximum du salaire des travailleurs (qui sera en partie réinjecté dans la transformation, l’extension et la densification de l’espace urbain via les multinationales du BTP). Inutile de préciser que la métropole, comme tout aménagement urbain, participe de l’offensive dirigée contre le prolétariat au bénéfice d’un embourgeoisement généralisé de la ville-centre étendue pour l’occasion. Prolétaires, nous ne sommes pas les bienvenus! Sauf pour trimer, consommer de la camelote.

Dans un mouvement global de recomposition du capital, la métropole est un moyen de faire survivre la société bourgeoise par la mise en concurrence des zones urbaines entre elles (certaines peuplées de plusieurs dizaines de millions d’habitants). A charge pour ces mégapoles de rationnaliser à outrance leur fonctionnement afin d’en limiter le coût pour le capital et devenir plus attractives pour les prédateurs.

Ce blog se propose de renverser de multiples idées inexactes qui stationnent encore dans les esprits : «nos élus» font ce qu’ils peuvent pour limiter les effets de la crise, les syndicats protègent les travailleurs, si mon cas est réglé c’est sûr, je m’en sors, les politiques locales peuvent éviter l’augmentation des prix des terrains, plus il y aura des lignes de transports ferrés moins on sera serrés. Des thèmes sont déconnectés parce qu’imaginés à des échelles différentes d’intervention possible : chômage, transport, immobilier de bureaux, syndicats, fonctionnaires, conditions de travail, spéculation foncière, logement social, pollution, propriété, école…Derrière tous ces tiroirs (dont la liste est beaucoup plus longue), il y a le rapport social capitaliste à l’origine de l’ensemble des éléments qui reproduisent cette société.

Dans son modelage du paysage à son image, le capital est entravé (jusqu’à maintenant) par les filets sociaux obtenus à la suite de grèves et des luttes (droit du travail, logement aidé, tarification sociale). Compte tenu de la décomposition actuelle du prolétariat, cette situation fragile n’est pas vouée à perdurer.

C’est en toute logique que la bourgeoisie équipe la métropolisation (Grand Paris, Grand Lille, Grand Lyon, Grand Rennes,…) d’un arsenal législatif qui cadenasse son projet. Débarrasser la ville des prolétaires dont les fonctions ne sont pas associées à de l’encadrement, de la direction, de la gestion, du service ; livrer des pans entiers de services publics aux patrons tout en rationalisant la fonction publique (d’Etat, hospitalière ou territoriale).

Sans exhaustivité, les lois du : 3 janvier 2010 sur le Grand Paris, 27 janvier 2014 de Modernisation de l’Action Publique Territoriale et d’Affirmation des Métropoles, 24 mars 2014 pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové, 07 aout 2015 sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République visent à actionner en même temps les principaux leviers de transformation du territoire en machine à fric.

Dans l’espace urbain tel qu’il se dessine aujourd’hui encore plus qu’hier, nous – étudiants, chômeurs, travailleurs, retraités – sommes le loisir du bourgeois, sa source d’enrichissement permanent. Nous lavons les chiottes, trions les déchets des entreprises, servons les victuailles, installons les réseaux, transportons les marchandises ainsi que nos soeurs et frères de classe, construisons les routes et les bâtiments, payons des loyers hors de prix dans des quartiers laissés clairement à la dégradation sociale et matérielle pour que des bénéfices juteux atterrissent dans les poches des mafias politico-managério-patronales, devons faire face à l’innommable idolâtrie religieuse qui refait surface à la faveur de l’embrouille individualo-culturaliste et colonise nos maigres espaces de rencontres ; notre environnement est pollué par la prédation incessante du capital sur le vivant, notre paysage est sali des saloperies architecturales qui prétendent à la beauté pour mieux raser nos quartiers.

Nous en avons plein le dos de nous faire exploiter par des parasites, menacer par des managers gesticulants comme des machines et baragouinant comme des modes d’emplois, trimbaler par des représentants qui recherchent la planque en protégeant le patron.

Ce blog est l’occasion d’apporter des informations, d’identifier les discours et les nuisances des bourgeois et de leurs laquais, de passer à la pratique sur le terrain en soutenant les luttes en les coordonnant sur la base de revendications communes. Afin d’empêcher les projets de la bourgeoisie de voir le jour et de bâtir une société sans classes ni Etat.